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Thursday, March 10, 2005
 
Un an après Madrid, la menace terroriste contre l'Europe est plus forte que jamais
Note de synthèse ESISC
Par Claude Moniquet

Un an jour pour jour après les attentats de Madrid, la menace terroriste islamiste est plus diffuse que jamais. Mais, pour l’Europe, elle n’a sans doute jamais été aussi forte.

Depuis le 11 mars 2004, les services de renseignement et de police européens n’ont pas relâché la pression. Des dizaines d’arrestations ont été opérées en Espagne, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et dans quelques autres pays où les filières du GICM (Groupement Islamique Combattant Marocain) ont été démantelées. Ces arrestations ont permis d’éviter plusieurs attentats dont certains auraient eu des conséquences dramatiques.

Le résultat paradoxal de cette efficacité de la lutte anti-terroriste a été d’endormir une partie de l’opinion européenne qui, secouée il y a un an par les bombes de Madrid, estime que la menace est désormais derrière nous « puisque rien ne s’est passé ». Par ailleurs, le massacre du 11 mars ayant été attribué au fait que l’Espagne était, à l’époque, alliée aux Etats-Unis en Irak, nombreux sont ceux qui pensent que le fait d’être ressortissant d’un pays qui n’est pas militairement présent en Irak est une garantie en soi contre le terrorisme.

Ces deux perceptions sont également fausses.

1. Depuis le 11 mars 2004, l’activité terroriste n’a pas faibli en Europe

Tout d’abord, il est faux de dire que « rien ne s’est passé » depuis le 11 mars 2004.

Le 2 novembre 2004, le cinéaste néerlandais Théo Van Gogh était sauvagement assassiné sur les trottoirs d’Amsterdam par l’islamiste Mohamed Bouyeri. Le seul « crime » de ce polémiste avait été de s’attaquer à la condition des femmes en Islam d’une manière jugée « blasphématoire » par son tueur. Celui-ci n’était pas un individu isolé mais appartenait à une cellule terroriste très structurée – la « cellule Hofstad » comme l’ont baptisée les enquêteurs –, hyperactive et entretenant des liens, au plan international, avec de nombreux groupes dispersés en Europe. Assez curieusement, le meurtre de Théo Van Gogh, s’il a bouleversé les Pays-Bas, n’a suscité que fort peu de réactions hors des frontières néerlandaises où il a été traité, le plus souvent, comme un simple fait divers.

Outre ce meurtre, d’autres attentats, on l’a dit, ont été déjoués :

En avril 2004, l’action de la police fédérale belge a permis d’empêcher deux attentats en préparation, l’un contre une école juive d’Anvers, l’autre contre la cérémonie d’inauguration (ouverte au grand public) d’un tunnel TGV dans la même ville.
Au printemps 2004, à Madrid, c’est un attentat contre l’Audience nationale (la plus haute juridiction du pays, où officie notamment le juge anti-terroriste Baltazar Garzon) qui a été empêché.
En juin 2004, un attentat du GICM devait viser, à Lisbonne, plusieurs hautes personnalités, dont M. José Manuel Barroso, président désigné de la Commission européenne.
La cellule Hofstad, déjà citée, planifiait une série d’attentats, notamment plusieurs attentats ciblés – dont celui contre la députée d’origine somalienne Ayaan Hirshi Ali – mais aussi des attentats au véhicule piégé où à la bombe contre le Parlement, le siège des services de sécurité, l’aéroport de Schipol, etc. Seul le démantèlement de la cellule à la suite de l’assassinat de Van Gogh a empêché la commission de ces actes criminels.
En novembre 2004, plusieurs hommes ont été arrêtés en Allemagne alors qu’ils préparaient l’assassinat du Premier ministre irakien Iyad Allaoui.
Les terroristes arrêtés en France dans le cadre de l’enquête dite « des filières irakiennes » envisageaient des attentats sur le sol français, notamment contre des cibles juives.

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