FFF
Monday, April 11, 2005
 
Terroristes français: bilan inquiétant
Capturé par les forces américaines
Un Français arrêté dans le «triangle sunnite»
Jean Chichizola
Le Figaro[11 avril 2005]

Deux mois après le coup de filet de la Direction de la surveillance du territoire (DST) contre un groupe de jeunes Parisiens candidats au martyre, la France n'en a pas fini avec le djihad irakien. L'année 2004 s'était achevée sur un bilan inquiétant : quatre jeunes Français tués, un emprisonné en Syrie et trois autres capturés par les troupes américaines (voir ci-dessous). Le 26 janvier 2005, un nouvel individu se réclamant de la nationalité française a été interpellé lors d'un contrôle routier non loin de la ville d'al-Hadithah (nord-ouest de l'Irak, à environ 250 kilomètres de Bagdad). Selon ses dires, l'homme venait d'être pris en stop par un automobiliste de nationalité marocaine. Fouillé par les militaires américains, le conducteur a été trouvé en possession d'une arme à feu. Les deux voyageurs ont fini en prison.

Interrogé, le Français a dit s'appeler Abdel Kader B., né en 1980 d'une famille d'origine marocaine dans une commune de la banlieue parisienne. En procédant aux vérifications d'usage, la DST est tombée sur le véritable Abdel Kader B., un homme sans lien avec l'islamisme radical. Il a déclaré aux policiers que ce n'était pas la première fois qu'il était victime d'une usurpation de son identité. Jusque-là, les mauvais plaisants s'étaient contentés de lui faire expédier des factures ou des contraventions.

Le subterfuge du mystérieux voyageur d'al-Hadithah inquiète les spécialistes français de l'antiterrorisme. Ils savent que l'homme a séjourné en France, dans la région parisienne. La ville d'al-Hadithah est située sur la route qui relie la frontière syrienne à Bagdad, via le «triangle sunnite», foyer de la guérilla irakienne. Cela pourrait signifier que le faux Abdel Kader B. avait transité par Damas.

Selon un expert, les noms des contacts installés en Syrie qui aident les volontaires du djihad à se rendre en Irak circulent dans les mosquées de Paris et de sa banlieue. Après l'affaire de la «bande des Buttes-Chaumont» qui a envoyé en Irak une dizaine de jeunes Parisiens du XIXe arrondissement endoctrinés dans les lieux de prière du quartier, le phénomène semble perdurer.

Le nombre de volontaires identifiés demeure certes restreint. On souligne, de source policière, qu'il ne s'agit pas d'organisations structurées, comme ont pu l'être les «filières afghanes» dans les années 90. Mais, mois après mois, la guérilla irakienne exerce son attraction en France comme dans d'autres pays européens.

De source policière britannique, une douzaine de jeunes djihadistes, issus de familles venues du sous-continent indien et vivant en Grande-Bretagne, ont été d'ores et déjà identifiés. Le 7 décembre 2004, un jeune Pakistanais né à Londres, Mobeen Muneef, 25 ans, était capturé à Ramadi par une patrouille américaine. Plusieurs islamistes résidant en Espagne et en Italie ont également fait le voyage de Bagdad. Certains seraient déjà revenus.
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