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Wednesday, May 18, 2005
 
Islamisme radical : la police d'Ile-de-France multiplie les découvertes
TERRORISME Quatre-vingt-treize opérations ont été menées depuis le début de l'année
Islamisme radical : la police d'Ile-de-France multiplie les découvertes

Jean Chichizola
Le Figaro[18 mai 2005]
Créé au printemps 2004, le pôle francilien de lutte contre l'islamisme radical mène la vie dure aux fous de Dieu : 93 opérations menées depuis le 1er janvier 2005 contre 88 pour l'ensemble de l'année précédente. L'objectif est double : mieux connaître un milieu extrémiste pouvant, comme à Madrid, aider des terroristes, et éviter qu'une frange de la jeunesse soit séduite par les prêcheurs du djihad. «Aujourd'hui, remarque ainsi un policier, une partie des jeunes des quartiers ont une profonde haine du monde occidental et de ses valeurs. Tant que perdurera ce sentiment d'exclusion, ce rejet de l'Occident et cette nostalgie des racines, les prédicateurs islamistes auront l'avenir devant eux.»


Pour lutter contre le prosélytisme, les renseignements généraux et les services techniques des préfectures multiplient donc les contrôles contre les activistes et les établissements proches de la cause. Cette quête leur vaut parfois quelques surprises. En mars dernier, policiers et experts sanitaires s'apprêtaient ainsi à contrôler un salon de thé parisien tenu par un islamiste notoire. Ils ont pu constater que le commerçant ne se contentait pas de servir des petits gâteaux à ses clients : au sous-sol, une salle de prière clandestine attendait les fidèles et les prêcheurs salafistes. La salle a été fermée et les prédicateurs ont dû plier bagage.


Autre surprise : parmi les 39 étrangers en situation irrégulière contrôlés dans des établissements tenus ou fréquentés par des islamistes radicaux, 33 étaient totalement inconnus des services de renseignement et de police. L'analyse des éléments saisis au cours de leur fouille (carnets d'adresses et téléphones portables) ainsi que les propos tenus pendant leur garde à vue ont pourtant démontré que la grande majorité d'entre eux étaient de véritables activistes. Leurs noms ont naturellement rejoint les fichiers tenus par les services antiterroristes. D'autres militants, eux parfaitement identifiés, ont également été pris dans les filets. Quatre ont été expulsés de France : Samir Korchi, mis en cause dans l'enquête sur le groupe de Francfort qui préparait un attentat à Strasbourg, Rachid Merad et Khaled Tadjine, tous deux issus du réseau Chalabi et un quatrième individu au coeur d'une enquête en cours.


Les services techniques des différentes préfectures (Paris et banlieue) traquent de leur côté les infractions diverses (infractions sanitaires, systèmes électriques non conformes, etc.). Treize commerces ont été frappés d'une mesure de fermeture administrative et douze gérants s'expliqueront sur des violations de la législation du travail. A l'occasion, le respect des procédures de sécurité permet également de porter un coup d'arrêt direct à la propagande extrémiste. Deux salles de prière ont été ainsi fermées dans la banlieue parisienne pour des questions administratives (surcapacité, absence d'issue de secours, sécurité incendie défaillante...). La mesure permet de maintenir la pression sur la vingtaine de mosquées radicales en Ile-de-France. Lieux de culte qui ne peuvent toutefois pas tomber sous le coup d'une fermeture administrative.


Les gérants et imams de ces salles de prière ont d'ailleurs tenu compte de l'offensive policière et administrative. En 2004, six imams et deux gestionnaires de mosquées avaient été inquiétés pour des appels au djihad et à la haine des juifs ou de l'Occident. Un policier remarque que la tendance 2005 est sensiblement différente. «Nous n'avons pas observé de prosélytisme et de prêches radicaux dans les mosquées», explique-t-il. Reste une question délicate : celle des imams radicaux «itinérants», qui, totalement inconnus, profitent l'été venu de l'absence des responsables des mosquées pour prêcher à leur aise. Sans que l'on sache aujourd'hui combien de fidèles ils séduisent l'espace de quelques jours ou de quelques semaines.
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