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Thursday, June 02, 2005
 
«Il n'y a pas de doute, la Constitution est morte»: presse européenne
«Il n'y a pas de doute, la Constitution est morte»

Le Traité constitutionnel a du plomb dans l'aile, estime la presse européenne jeudi, après deux non en une semaine. Le "Nee" néerlandais mercredi, après la France dimanche, a donné le coup de grâce.

Par liberation.fr

jeudi 02 juin 2005 (Liberation.fr - 12:34)

Les journaux du continent font leur deuil du traité constitutionnel, à l'instar du Belge Le Soir et du turc Milliyet, qui évoquent l'un «un nouveau clou», l'autre «un deuxième clou» enfoncé «dans le cercueil de la Constitution européenne», avec les 61,6% de non au référendum aux Pays-Bas. «Si le vote de la France a porté un grave coup au traité, les Néerlandais lui administrent maintenant le coup de grâce», renchérit en Grande-Bretagne le Guardian, comme en Espagne El Mundo, en Italie le Corriere della Sera, en Grèce Kathimérini et aux Pays-Bas Algemeen Dagblad, qui reprennent quasiment les mêmes mots. «Trois jours après le rejet français, le non encore plus clair des Néerlandais» montre que ce projet «est en phase terminale», assure dans un registre comparable l'espagnol El Pais. Pour l'Independent (gauche), la Constitution européenne est carrément «morte et enterrée» ; «il n'y a pas de doute, la Constitution est morte», semblent respectivement confirmer, en Belgique, De Standaard (néerlandophone)et, en République tchèque, Dnes. «La France l'a tuée, les Pays-Bas l'ont enterrée», résume Akasam en Turquie, et «seules quelques parties du texte vont survivre», analyse à Vienne Die Presse.

Et maintenant? «Toute la coopération européenne est menacée après ce non massif néerlandais», l'UE doit «maintenant se concentrer pour sauver ce qui est déjà acquis», observe au Danemark Berlingske Tidende. «L'UE doit imaginer des réponses convaincantes sur les façons de faire au mieux son travail, c'est-à-dire de servir les gens. Si Bruxelles attendait que le dernier référendum (en Grande-Bretagne) soit perdu ou annulé, la crise européenne pourrait se transformer en catastrophe», prédit, quant à lui, le quotidien allemand Berliner Zeitung. Et c'est désormais au Premier ministre britannique Tony Blair, dont le pays présidera à son tour l'UE à compter du 1er juillet, de s'efforcer de «créer un nouveau consensus», notamment sur les plus urgentes et moins controversées des réformes proposées dans le traité qui doivent mettre fin à la présidence tournante et instituer un ministre des Affaires étrangères, ajoute, en Grande-Bretagne, l'Independent. Tandis que pour le grec Elefthérotypia, «la révolution néerlandaise (...) pousse Bruxelles à faire des projets moins ambitieux».

Le quotidien allemand General-Anzeiger juge, de son côté, qu'«une Europe à deux vitesses» ne peut plus être exclue et «qu'il faut qu'il soit clair que ceux qui ne veulent pas ou pas encore de la Constitution seront assis au deuxième rang» de l'Union européenne. En outre, pour le danois Information, c'est «la vieille Europe qui se tourne contre la nouvelle Europe» et «les nouveaux Etats membres se voient comme les boucs-émissaires des vieilles économies tremblantes à l'Ouest». «En renonçant de facto au principe de la porte ouverte, Bruxelles perdra son principal instrument d'influence sur les pays voisins : la perspective, même très lointaine, d'adhérer pleinement à l'UE. Cette carotte était le levier le plus efficace qui permettait à l'Europe unie de transformer les Etats voisins à son image», soulignent en Russie les Izvestia. L'éditorialiste de La Repubblica craint, à propos de son pays, que «les non français et néerlandais n'encouragent les tentations populistes que la droite italienne a toujours cultivé». Plus pessimiste encore, Il Messaggero, en Italie, explique que l'«on peut craindre que, comme dans toutes les tempêtes, la tentation du vieux dicton “chacun pour soi et Dieu pour tous” ne devienne irrésistible». «L'Europe en tant que projet de destin, qui a mobilisé des citoyens de dizaines de pays ces dernières décennies, est entrée en agonie», conclut le quotidien portugais Publico.
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