FFF
Friday, June 17, 2005
 
La Chine renforce sa police du Web
17/06/2005

LExpansion.com

La municipalité de Pékin va recruter 4000 cyber-agents chargés de la surveillance d'Internet. La Chine renforce ainsi sa capacité à censurer le Web tout en s'assurant au besoin la complicité des entreprises occidentales.

C’est une nouvelle étape dans le contrôle du Web que la Chine s’apprête à franchir. La municipalité de Pékin se lance à la recherche de 4000 diplômés de l’université pour en faire des cyber-agents chargés de contrôler les agissements sur Internet. Le mois dernier, c’était le gouvernement central qui mettait en place des groupes spéciaux d’espions en charge de propager sur Internet des messages politiques positifs et d’assurer un meilleur contrôle de l’expression des opinions publiques.

Avec ses 4000 cyber-policiers policiers, la municipalité de Pékin resserre la présence politique sur la toile. Selon l’agence Nouvelles de Chine, les cyber-agents auront pour fonction de lutter contre les fraudes dans le commerce électronique, mais aussi de chasser les « idées malsaines ». Des idées dont le contenu n’est pas précisé, mais qui se rapportent habituellement à des sujets allant de la pornographie à des discussions sur des sujets politiques sensibles. 800 cybercafés de la capitale et 3000 fournisseurs d’accès sont dans la ligne de mire de cette nouvelle unité qui aura le pouvoir de censurer immédiatement un contenu ou des images jugés « inappropriés ». Plusieurs villes du pays ont déjà devancé la capitale avec leurs unités de propagande en ligne. Les agents de ces unités, qui se présentent comme des utilisateurs ordinaires des forums de discussion sur Internet, profitent de leur anonymat pour faire passer des messages favorables au gouvernement.

Les 4000 « cyber-agents » de Pékin viendront s’ajouter à un réseau de contrôle déjà bien étoffé. Un rapport rédigé par trois universités anglo-saxonnes estime que la Chine emploie des milliers de personnes pour construire un système omniprésent, sophistiqué et efficace » de censure du Net. « La Chine a aujourd’hui les systèmes technologiques et juridiques de surveillance et de censure sur Internet les plus développés et les plus efficaces du monde », déclarait en avril John Palfrey, un des responsables de l’étude. Des milliers de cyber-cafés ont été fermés par le gouvernement et la répression frappe les cyber-dissidents. Les journaux occidentaux semblent eux aussi visés. Ainsi le quotidien libération révélait vendredi qu'il n'était plus accessible depuis un mois pour les internautes vivant en Chine.
Mais il indiquait ignorer s'il était directement visé par la censure ou simplement la victime collatérale de la censure d'une adresse électronique trop proche de la sienne.

Dans cette censure croissante de l’Internet chinois, il faut aussi compter avec la complicité de grands entreprises occidentales qui ne veulent pas rester à l'écart d’un marché de quelque 100 millions d’internautes et qui devrait atteindre 120 millions cette année. Dernière entreprise accusée de collusion avec le gouvernement de Pékin : Microsoft. La version chinoise du portail du numéro un mondial du logiciel refuse d'indiquer des sites en réponse à des recherches sur certains mots clés tels que « démocratie », « liberté » ou encore « droits de l’homme ». Les portails de Google et Yahoo ont connu ce même type d’ « allergie ».

LExpansion.com
Comments: Post a Comment

<< Home

Powered by Blogger