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Saturday, June 04, 2005
 
Terrorisme: Un franco-tunisien expulsé de Syrie écroué à Paris
PARIS, 4 juin 2005 (AFP) © 2005 AFP

Un franco-tunisien, Boubaker el-Hakim, 21 ans, qui a été expulsé de Syrie mardi, a été mis en examen samedi dans le cadre de l'enquête dite des "filières irakiennes" par un juge à Paris et écroué, a-t-on appris de source proche du dossier.

Boubaker el-Hakim -- dont le frère Redouane, 19 ans, a été tué en juillet 2004 en Irak -, a été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" par le juge de la section anti-terroriste du Parquet de Paris, Jean-François Ricard.

Il a ensuite été placé sous mandat de dépôt par un juge des libertés et de la détention (JLD), conformément aux réquisitions du parquet.

Originaire du 19e arrondissement de Paris, Boubaker el-Hakim connaissait Farid Benyettou. Mis en examen et écroué à Paris en janvier 2005, ce dernier est considéré par les enquêteurs comme le chef spirituel et recruteur du groupe de jeune parisiens qui cherchaient à rejoindre le djihad en Irak.

Pour sa part, Boubaker el-Hakim s'est rendu une première fois en Syrie en 2002 pour étudier l'islam, puis à nouveau courant 2003, au moment de la chute du régime de Saddam Hussein. En 2004, il y retourne à nouveau, mais est arrêté en septembre, alors qu'il tente de franchir la frontière irakienne sans passeport.

Trois Français morts en Irak, qui ont été formellement identifiés, seraient passés par cette cellule qui gravitait autour de la mosquée Adda'wa, rue de Tanger à Paris (19e). Il s'agit de Redouane El-Hakim, le premier Français tué en Irak dans la nuit du 17 au 18 juillet 2004 à Falloujah, de Tarek Ouinis et d'Abdelhalim Badjoudj.
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Boubaker el-Hakim : des geôles syriennes à celles de la DST

L'islamiste français Boubaker el-Hakim, 21 ans, doit être présenté aujourd'hui à un juge d'instruction antiterroriste qui décidera de sa mise en examen. Arrivé en France mardi, après près d'un an passé dans les prisons syriennes (Le Figaro du 1erjuin), il fait partie de la bande de jeunes islamistes «des Buttes-Chaumont», dont plusieurs membres ont rejoint le djihad irakien depuis 2004. Il connaissait Farid Benyettou, présenté comme le chef spirituel du groupe, qui l'aurait «autorisé» à partir en Irak.
Jean Chichizola
Le Figaro[04 juin 2005]

En deux ans, Boubaker el-Hakim, né à Paris le 1er août 1983 et candidat au djihad irakien, est passé des marchés franciliens aux geôles des services de renseignement syriens, avant d'échouer dans les cellules de garde à vue de la DST.

Quand il emménage, un jour de 1998, dans une HLM proprette du XIXe arrondissement de Paris, à deux pas du bassin de la Villette, Boubaker est pourtant à cent lieues de tout fanatisme. Chez les el-Hakim, l'argent est rare : le gamin de 15 ans vit avec sa mère, ses deux soeurs et ses deux frères. Les problèmes se précisent à l'adolescence. Scolarité chaotique, difficultés économiques, sentiment d'exclusion : Boubaker ronge son frein.

A l'orée des années 2000, l'islamisme radical va donner un sens à sa vie. Il fréquente la principale mosquée du XIXe ainsi que de petites salles de prière installées dans des foyers de travailleurs immigrés. Il a 18 ans à peine quand ses mentors religieux lui conseillent de se rendre en Syrie pour parfaire ses connaissances du Coran et de l'arabe. En 2002, Boubaker étudie à l'institut al-Fateh-al-Islami qui sera aussi fréquenté par un autre jeune du XIXe, Tarek Ouinis, mort en Irak en 2004. En novembre 2002, il revient en France, barbu et vêtu d'une longue tunique. Un an plus tard, il est repéré par les Renseignements généraux parmi quelque 300 radicaux semant le désordre en marge des manifestations contre la guerre en Irak. Il retourne ensuite en Syrie et passe en Irak, officiellement pour des raisons humanitaires. Revenu en France, il vend des vêtements sur les marchés, se marie et devient papa d'une petite Aïcha.

Boubaker fréquente ses amis islamistes, dont Farid Benyettou, présenté comme le chef spirituel du groupe des Buttes-Chaumont.

Il gagne à la cause son frère Redouane, 19 ans. L'an dernier, les deux frères quittent la France pour la Syrie. Redouane passe en Irak et meurt le 17 juillet à Faludja. Boubaker est arrêté sans passeport à la frontière. Il passera un an dans les geôles de Damas avant d'être expulsé vers Paris.

Depuis son départ en 2004, trois de ses camarades sont morts en Irak, deux ont été arrêtés par les troupes américaines et trois sont mis en examen et écroués en France. Deux autres, Mohammed el-Ayouni et Salah Touré, âgé de 14 ans, sont portés disparus.
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