FFF
Wednesday, June 22, 2005
 
Terroristes islamistes: Filières irakiennes:Coup de filet de la DST à Limoges et Montpellier
Jean Chichizola
Le Figaro[22 juin 2005]

Les policiers de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ont interpellé hier sept personnes à Montpellier (Hérault) et à Limoges (Haute-Vienne) dans le cadre de l'enquête menée par la justice française sur l'envoi de combattants islamistes en Irak. Les enquêteurs cherchent à établir si les quatre hommes visés, âgés d'une trentaine d'années et arrêtés, pour certains, avec leurs compagnes, ont participé à un réseau de soutien logistique et de recrutement de volontaires pour un voyage au «pays des deux fleuves».

A la différence des jeunes endoctrinés et peu expérimentés interpellés dans le XIXe arrondissement de Paris en janvier dernier, ce nouveau réseau serait en contact avec le groupe islamiste kurde irakien Ansar al-Islam apparu ces trois dernières années dans plusieurs enquêtes européennes (Allemagne, Espagne, Italie...). Créée en 2001, cette organisation des «partisans de l'islam» avait accueilli plusieurs dizaines d'Arabes, dont le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, après la chute du régime des talibans en Afghanistan. Chargés, dès les années 2002-2003, de recruter des volontaires, de fabriquer des faux papiers et de récolter de l'argent, les réseaux européens d'Ansar al-Islam regroupent des individus rompus à la vie clandestine dont certains se sont rendus en Afghanistan ou dans le Caucase dans les années 90 et 2000.

Français d'origine maghrébine et natifs de Montpellier, les suspects interpellés hier matin étaient en relation téléphonique fréquente avec des responsables islamistes installés en Irak. En juin 2004, l'un d'entre eux est parti combattre en Irak, via la Syrie, en compagnie d'un djihadiste marocain. Rentré en France, l'homme aurait tenté de convaincre ses camarades de suivre son exemple. Les enquêteurs ont à présent 96 heures – durée maximale de la garde à vue en matière antiterroriste – pour confirmer, ou infirmer, leurs soupçons.

L'opération de la DST, le quatrième en France contre des «filières irakiennes» depuis le début de l'année, intervient alors que le bilan dressé par les services de renseignement s'alourdit de jour en jour. Le 9 juin dernier, une note du ministère de l'Intérieur indiquait qu'au moins neuf islamistes français se trouvaient en Irak et que six autres y avaient trouvé la mort. Elle révélait qu'un nouveau kamikaze venu de France était mort dans une attaque contre les troupes américaines.

Premier candidat français au suicide, tué le 20 octobre 2004, Abdelhalim Badjoudj faisait partie d'un petit groupe de jeunes du XIXe arrondissement. Le deuxième kamikaze, français d'origine maghrébine, est mort quant à lui en février 2005. Agé de 41 ans, il aurait rejoint l'Irak via le Royaume-Uni et la Syrie. La police britannique a annoncé avoir interpellé hier à Manchester (nord de l'Angleterre) l'un de ses colocataires pour en savoir plus sur son séjour outre-Manche.

Un parcours qui rappelle celui des islamistes qui, dans les années 90, gagnaient les champs de bataille afghans en passant par les mosquées britanniques.
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