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Friday, April 29, 2005
 
Affaire Nouari Khiari: les islamistes disent avoir voulu construire des drones
Des islamistes présumés disent avoir voulu construire des drones
PARIS, 29 avr 2005 (AFP) © 2005 AFP

Des islamistes présumés, récemment mis en examen dans une enquête parisienne sur le financement du terrorisme islamiste, ont expliqué à des policiers avoir voulu construire des drones (avions sans pilote), a indiqué vendredi une source judiciaire.

"Les magistrats vont s'attacher à vérifier la crédibilité de ces affirmations", a-t-on précisé de même source.

Trois dirigeants de sociétés informatiques ont été mis en examen et écroués dans le cadre d'une enquête judiciaire instruite par le juge financier Philippe Courroye et le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière.

L'un des trois hommes, Nouari Khiari, est poursuivi pour "banqueroute par détournement d'actifs, défaut de comptabilité, abus de biens sociaux, financement du terrorisme et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Les deux autres, Zoubeir Harbaoui et Farez Messaoudi, sont soupçonnés d'"abus de biens sociaux, d'escroquerie en bande organisée et de financement du terrorisme".

Les trois hommes sont soupçonnés d'avoir monté une escroquerie au crédit-bail après avoir contracté des prêts de 3,6 millions d'euros pour l'achat de matériel informatique, comme l'indique vendredi le Figaro. Or, selon une source judiciaire, seule une petite partie de cet argent aurait apparemment servi à acquérir du matériel.

Interrogé sur la destination de l'argent manquant, Harboui et Messaoudi ont expliqué en garde à vue aux enquêteurs de la brigade criminelle avoir eu l'intention de fabriquer des drones capables d'emporter des charges explosives de 300 kg, dans le but de les vendre à des pays du Golfe.

Un projet qui peut surprendre alors qu'Israël a vendu à la France, en juin 2004, son expertise dans le domaine des drones pour près de 165 millions d'euros.
Thursday, April 28, 2005
 
Terrorisme: 6 nouvelles arrestations de djihadistes, à Paris et Marseille
TERRORISME Six personnes, dont un islamiste chevronné, interpellées par la DST
Filières irakiennes : coup de filet contre un groupe de djihadistes

Jean Chichizola
Le Figaro [28 avril 2005]

La guerre en Irak attire plus que jamais les fous de dieu français. La DST vient ainsi d'interpeller à Paris et Marseille six personnes soupçonnées d'être impliquées dans l'envoi de djihadistes entre Tigre et Euphrate. De source policière, ils n'auraient pas de liens avec un premier groupe démantelé fin janvier.

Opéré dimanche et lundi, le coup de filet parisien est le plus important. Il a permis d'interpeller un islamiste chevronné, recherché depuis plusieurs années. L'homme, connu sous le nom de Said al-Maghrebi, a été interpellé dimanche vers 22 h 00 dans le XXe arrondissement de Paris avec trois de ses proches. Un cinquième individu a été arrêté lundi matin. Né au Maroc, Said al-Maghrebi, 39 ans, a été de tous les combats djihadistes de ces dernières années. De source policière, il connaissait deux militants condamnés le 16 décembre par le tribunal correctionnel de Paris.

Proches de la cellule islamiste dite «groupe de Francfort», auteur d'un projet d'attentat à Strasbourg en décembre 2000, Laurent Mourad Djoumakh et Samir Korchi ont été condamnés respectivement à six et quatre années d'emprisonnement. Le premier purge sa peine dans les prisons françaises et le second a été expulsé vers le Maroc le 15 avril. Said al-Maghrebi était également en contact avec un islamiste mis en examen le 8 avril dans l'enquête sur les «filières tchétchènes» portant sur des projets d'attentat à Paris fin 2002.

Selon les services de renseignement, les connaissances du Marocain ne se limitent à ce cercle européen. A la fin des années 90, il se rend en Afghanistan dans les camps d'entraînement contrôlés par les partisans d'Oussama Ben Laden. Il y aurait rencontré plusieurs responsables d'al-Qaida. Le Marocain quitte le pays en 2001 pour revenir en Europe et aussitôt repartir pour la Géorgie où il tente de passer en Tchétchénie. Un objectif que le djihadiste ne serait pas parvenu à atteindre. En 2002, Said al-Maghrebi est repéré en Turquie. A son retour en France un an plus tard, l'homme s'enflamme pour le djihad irakien. Il aurait convaincu d'autres islamistes de partir avec lui. De source proche du dossier, on précisait hier que deux des personnes interpellées dimanche étaient effectivement sur le point de partir avec leur mentor pour l'Irak via la Syrie. Comme en janvier, où deux jeunes islamistes avaient été interpellés quelques heures avant de s'envoler pour Damas, la DST serait intervenue en urgence pour stopper ces nouveaux départs.

En marge de l'opération parisienne, l'interpellation d'un autre islamiste lundi soir à Marseille vient encore souligner la popularité du djihad irakien dans les rangs des islamistes européens. Exerçant des petits boulots saisonniers, l'homme arrêté par la DST serait membre d'un réseau implanté en Italie et envoyant des volontaires vers l'Irak. De sources judiciaires française et italienne, plusieurs islamistes tunisiens vivant entre la France et l'Italie avaient déjà quitté Marseille pour l'Irak via Damas en septembre 2002, soit six mois avant l'intervention des États-Unis.

Selon les services de renseignement transalpins, l'un d'entre eux, Rihani Lofti, est mort en septembre 2003 dans une attaque suicide contre les troupes américaines. Depuis deux ans, la police antiterroriste italienne a mené plusieurs opérations contre des réseaux d'envoi de djihadistes en Irak. Certains de ses combattants seraient déjà revenus en Europe.

L'interpellation d'un Said al-Maghrebi démontre une nouvelle fois que la France n'est pas épargnée par ce phénomène. En janvier dernier, la DST avait arrêté des jeunes islamistes issus d'une bande du XIXe arrondissement. Peu organisés, sans antécédents judiciaires, ces volontaires avaient des airs d'amateurs. Plusieurs de leurs camarades ont toutefois prouvé que leurs intentions étaient des plus sérieuses : depuis juillet 2004, trois membres de la bande dite «des Buttes-Chaumont» sont morts en Irak, un quatrième est emprisonné en Syrie et deux autres sont détenus à camp Bucca (camp américain au sud de l'Irak).

Encore faut-il ajouter le cas de deux autres djihadistes, l'un tué en 2004 et l'autre capturé le 26 janvier 2005, sur lesquels les autorités françaises s'efforcent d'obtenir plus de renseignements. Avec un objectif clair : empêcher que d'autres volontaires partent et que d'autres reviennent pour appliquer en France les recettes apprises en Irak.

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